Inventaire Permanent et Conservation de la Flore Rare et Menacé d'une Région Insulaire Méditerranne: l'Example de la Corse

Louis Olivier 1
Daniel Jeanmonod 2
Michel Muracciole 3
Jacques Gamisans 4
Gilles Dutarte 5
Isabelle Guyot 3
Annie Aboucaya 1

1 Conservatoire Botanique National de Porquorelles, le castel Ste Claire, rue Ste Claire, F83400 Hyeres, France
2 Conservatoire et Jardin Botaniques de la ville de Genève, CH-1292 Chambesy, Suisse
3 Parc Naturel Régional de la Corse -AGENC, 4 Rue Fiorella, BP 417 F20184 Ajaccio CEDEX France
4 Laboratoire de Botanique et d'Ecologie Méditerranées, Faculté des Sciences et Techniques de St-Jérome, 115 rue Poincaré, F13397, Marseille, France
5 Jardin Botanique de la ville de Lyon, Parc de la Tête d'Or, F69459, Lyon CEDEX 6, France

Abstract

The authors present the Corsican rare and endangered floral permanent inventory and conservation programme which started in 1989 with the participation of several French and foreign institutes and botanists, and the financial participation of the EEC.

Résumé

Les auteurs présentent le programme d'inventaire permanent et de conservation de la flore Corse qui a débuté en 1989 avec la participation de divers organismes et personnalités français et étrangers et le soutien financier de la Commission des Communautés Européennes.

Avec 277 taxons endémiques l.s. actuellement dénombrés (11% du total de la flore spontanée) la Corse est sans conteste la région française (du continent européen) floristiquement la plus riche.

Ce grand intérêt patrimonial dépasse largement le domaine de l'endémicité puisque la Corse héberge un lot important d'espèces qui n'ont jamais été présentes en France continentale et sert, pour l'instant encore, de refuge à un certain nombres d'autres espèces disparues ou en danger dans le territoire continental français.

La Corse, comme toutes les régions de la Méditerranée, se trouve à la veille de profondes transformations. L'aménagement touristique de son littoral, timide il y a quelques années, semble s'accélérer depuis peu. Les activités pastorales qui étaient à l'origine de nombreux milieux ouverts, riches en espèces endémiques tant à basse altitude qu'en haute montagne, déclinent progressivement. En fait rien ne permet de penser que les phénomènes qui ont profondément modifié les autres espaces insulaires et littoraux de la Méditerranée nord-occidentale épargnent indéfiniment la Corse.

Pardoxalement l'urgence à la mise en oeuvre des mesures de protection des éléments les plus originaux et les plus remarquables du patrimoine floristique de la Corse réside précisément dans le fait que les pressions sont encore faibles et qu'il s'avère donc encore possible, contrairement à ce qui s'est souvent passé ailleurs en région méditerranéenne, de ne pas se limiter à protéger des espaces rélictuels mais au contraire de mettre en protection des éléments réellement représentatifs de la diversité présente en Corse.

Ce programme n'est bien entendu pas né ex nihilo. En effet, dès 1980, sous l'égide du Ministère de l'Environnement français, le Parc Naturel Régional de la Corse et le Conservatoire Botanique de Porquelles avaient conjointement entrepris toute une série d'actions visant à la conservation des élements de la flore corse les plus rares ou les plus menacés. Il faut aussi signaler l'environnement scientifique favorable à la l'éclosion d'un tel programme que constituait notamment les programmes scientifiques réalisés en Corse, par le Laboratoire de Botanique et d'Ecologie Méditerranéennes de la Faculté des Sciences de Marseille-Saint Jérôme, les Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève, l'Université de Rome, l'Université de la Corse et de nombreux botanistes amateurs.

Cet ensemble de facteurs a crée les conditions nécesaires à l'émergence et la mise en oeuvre d'un programme d'inventaire permanent et de protection des plantes menacées rares ou endémiques de la Corse, qui bénéficie du patronage de la Direction de la Nature et des Paysages en France, de l'IUCN et de la Commission des Communautés Européennes, et de la participation active du Parc Naturel Régional de Corse, des Conservatoires Botaniques de Porquelles et de Brest, des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève, du Jardin Botanique de la Ville et de l'Université de Liège, du Jardin Botanique de la Ville de Lyon, de Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, service des Cultures et Secrétariat de la Faune et de la Flore, de l'Ecole Supérieure d'Ingénieurs Agronomes de Madrid, des Universités de Marseille-Saint Jérôme, de Corte et de Rome, du Comitié Scientifique du projet flore Corse et de la DIREN Corse. L'ensemble de ces organismes ont souhaité inscrire leurs interventions en référence à un texte écrit qui a valeur de document contractuel: "La Charte pour l'Inventaire Permanent et de la Protection de la Flore Corse".

Le programme est articulé autour des trois thèmes suivants:

Le projet "Flore Corse" et la Constitution de Banques de Données Operationnelles sur la Flore Corse

Le projet "Flore Corse"

Le projet "Flore Corse" à été spécifiquement mis en oeuvre à la double fin de:

Pour atteindre ces objectifs a été mis en place une coordination internationale des actions des chercheurs et botanistes, tant universitaires qu'amateurs, reposant sur le soutien logistique apporté par les Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève. Le rôle préhéminent pris par les Conservatoire et Jardins Botaniques de Genève s'explique pour les raisons historiques et ait été réalisé par John Briquet, alors directeur du Conservatoire Botanique de Genève, et que l'essentiel des herbiers de la flore corse soit aujourd'hui conservés à Genève.

Ce projet s'articule autour de quatre points:

Il convient d'ajouter à ces quatre points une contribution active aux actions d'inventaires fins réalisés dans l'objectif de la conservation des populations des espèces les plus rares ou les plus menacées qui seront développés ci-après.

Après un peu plus de trois ans de fonctionnement du programme, le bilan qu'il est possible de tirer est particulièrement encourageant:

La Banque de Données sur la Flore Rare et Menacée de la Corse

La réalisation d'une telle banque de données est apparue comme un élément clé du programme, ne serait-ce que pour la mise en oeuvre des politiques de protection qui doivent s'appuyer sur une connaissance précise de la flore et donc sur des inventaires régulièrement actualisés intégrant les contributions les plus récentes aussi bien dans le domaine de la systématique que dans celui de la chorologie.

Sur le plan technique, la réalisation concrète de cette banque de données et son alimentation en données sont réalisées par le Conservatoire botanique national de Porquerolles, des Conservatoire et Jardin botanique de la Ville de Genève, et le Secrétariat de la Faune et de la Flore du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris ayant accepté la charge de sa gestion.

Elle est destinée à présenter:

Les Actions de Conservation

Inspirées de la strategie mondiale de la conservation établie par l'IUCN, la stratégie de conservation mise en place pour la flore corse reprend les grands thèmes développes ci après.

La Definition des Prioritiés d'Action

Afin d'identitier les priorités d'action, les différents partenaires de ce programme ont établi quatre listes commentées de taxons présents en Corse:

Une première version de ces différentes listes a été envoyée en 1990 à un ensemble de personnalités et d'organismes tant scientifiques qu'administratifs. Une révision de ces listes a été engagée en 1991 et 1992. Elle a permis de compléter la liste des taxons nécessitant la mise en oeuvre de mesures prioritaires de protection qui atteint aujourd'hui 350 taxons.

L'Inventaire, la Cartographie Fine et la Description des Stations des Espèces les plus Rares et les plus Menacés de la Corse

L'Inventaire

En préalable à toute opération de protection, il s'est avéré nécessaire de situer avec la plus grande précision possible, les localités de plantes rares, de les visiter, de les décrire et d'évaluer les menaces qui mettent en péril leur pérennité. Cette opération d'inventaire comporte systématiquement:

La cartographie proprement dite est accompagnée d'une description de la station réalisée à partir de bordereaux utilisés dans le cadre du programmme "Livre Rouge des Espèces Vasculaires de France", qui permettent la collecte d'informations normalisées relatives:

Tous ces renseignement sont régulièrement saisis sur support informatique au Conservatoire Botanique National de Porquerolles.

L'objectif que se sont fixé les responsables de ce programme est de décrire systématiquement au moyen de ces formulaires l'ensemble des stations connues (ou retrouvées par prospection) pour l'ensemble des taxons de la liste prioritaire.

Bien entendu tous les membres du comité scientifique du projet "FIore corse", ainsi que de nombreux botanistes intéressés par cette flore ont apporté leur contribution à ce travail. L'essentiel cependant a été réalisé par des personnels propres au Parc Naturel Régional de la Corse ou du Conservatoire Botanique National de Porquerolles.

Au debut 1992 plus de 540 stations correspondant à 280 taxons corses avaient fait l'objet d'une vérification de terrain et d'une étude fine comme exposée ci dessus. L'objectif initial fixé est aujourd'hui atteint à environ 50%.

L'étude des habitats

Une étude fine des habitats des principaux taxons prioritaires est en cours de réalisation. Elle est destinée à identifier les facteurs discriminant la présence du taxon concerné et, en conséquence, de permettre de définir au mieux les pratiques de gestion à mettre en oeuvre pour conserver les espèces et leurs effectifs.

Les études de variabilité

Il est prévu, pour les espèces les plus rares, notamment celles considérées comme prioritaires par la directive européenne "habitat", de réaliser une étude fine de la variabilité en utilisant notamment des techniques de marqueurs biochimiques. Ces études, complétées par des études de caryologie et de biologie de la reproduction permettront de définir avec une meilleure certitude les méthodes de gestion des populations présentes. Un premier programme d'investigation est en cours de réalisation sur l'espèce Brassica insularis Moris. L'Université de Corse et le Centre d'Ecologie Evolutive et Fonctionnelle apportent leur concours à cette opération.

Pour les autres espèces il est envisagé de s'appuyer sur un modèle théorique multicritère qui sera établi dans le cadre du programme.

La Conservation in situ

L'assistance aux aires protegées de la Corse pour la protection de la flore présente dans leur territoire

Les aires protégées et autres espaces naturels gérés sont des territoires privilégiés pour assurer la protection des espèces végétales qu'ils hébergent et, plus particulièrement les plantes rares, grâce au statut juridique dont ils bénéficient ou à la politique de gestion qu'ils sont susceptibles de mettre en oeuvre.

Sont concerné dans le cadre du programme:

L'effort engagé dans les espaces gérés sera poursuivi et accentué dans les années qui viennent.

Les actions de protection in situ hors des espaces gérés

La mise en application de ce programme hors des espaces gérés se heurte à certaines difficultés, principalement lorsque la pression sociale en faveur de l'urbanisation s'avèrera trop forte. Elle s'appuie cependant sur deux textes réglementaires pris en application de la loi de 1976 sur la protection de la nature à savoir:

Ces deux arrêtés sont aujourd'hui intégrés dans un document de portée plus générale, le code rural ( Livre II).

Au total, 175 espèces protégées en Corse par ces deux arrétés, ce qui représente 7% de l'ensemble de la flore de l'île.

Une collaboration étroite avec les services régionaux du Ministère de l'Environnement (DIREN) a été instaurée afin de permettre la mise en oeuvre de mesures territoriales de protection. Dans ce cadre ont plus particulièrement été réalisées les études préalables à la mise en réserve naturelle de deux sites d'intérêt botanique exceptionnel situés sur le littoral (Etang de Bigulia et Tre Padule de Suartone)

Les mesures complémentaires

Deux types de mesures complémentaires sont privilégiés: les acquisitions foncières et les réimplantations:

La surveillance continue

La mise en place d'une surveillance continue des stations prioritaires est déjà assurée au sein des aires protégées. Une procédure analogue est à l'étude pour le reste des espaces naturels, avec le Ministère de l'Environnement. Elle devrait être mise en place dès 1993 et faire appel a des agents déjà assermentés.

La Conservation ex situ

Sept organismes (Conservatoires Botaniques de Porquerolles et de Brest, Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève, Jardin Botanique de la Ville et de l'Université de Liège, du Jardin Botanique de la Ville de Lyon, du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, Service des Cultures et Banque de Gènes de l'Ecole Superieure d'lngénieurs Agronomes de Madrid) sont associés à cette partie de programme.

Les récoltes de matériel végétal

Les récoltes de matériel végétal sont réalisées dans le souci de constitution de stocks de sauvegarde d'échantillons représentatifs de la variabilité présente en Corse. De ce fait les récoltes de semences et les opérations de conservation ex situ sont conduites dans un souci constant d'exhaustivité:

Il est à noter que la récolte de semences constitue le mode presque exclusif de prélèvement de matériel végétal, facilité par le fait que la très grande majorité des semences des espèces méditerranéennes sont orthodoxes.

Des règles particulières à la récolte du matériel végétal ont été précisées dans la charte pour l'inventaire permanent et la protection de la flore corse. Il est par ailleurs à noter que la collecte de matériel végétal est systématiquement accompagnée de la saisie d'un formulaire standard de recueil de "données de passeport".

Si, bien entendu, les différents jardins botaniques ou conservatoires associés à ce programme peuvent être amenés à récolter séparément du matériel végétal en Corse, dans leur grande majorité les recoltes sont assurées par les personnels du Parc Naturel Régional de Corse et du Conservatoire Botanique National de Porquerolles. Cependant des missions collectives de collecte de matériel végétal ont été réalisées avec par exemple le concours des personnels de l'Ecole Supérieure d'lngenieurs Agronomes de Madrid.

Répartition des lots de semences et conservation

Les lots de semences récoltés sont fractionnés et répartis entre les différents partenaires du projet qui s'engageraient à en assurer la conservation ou la multiplication. En général le Conservatoire Botanique de Porquerolles se charge, pour les partenaires qui le désirent, du conditionnement des lots de semences. Après compilation, une liste définitive des taxons récoltés et des localités visitées est réalisée et diffusée annuellement à l'ensemble des partenaires et des membres du comité scientifique de la flore corse.

Le matériel récolté dans le cadre du programme est réparti entre chaque partenaire sur la base du volontariat. Il est conservé sous diverses formes possibles:

A titre indicatif, sont actuellement conservés ex situ au Conservatoire Botanique National de Porquerolles (liste n'intégrant pas les récoltes de l'été 1992):

Au cours de l'année 1993 doit être signée une convention entre les différents organismes précités, destinée à définir et à répartir les responsabilités de conservation et de multiplication des taxons prioritaires de la flore corse.

Les expérimentations conduites sur la germination et la culture des plantes du programme

Les semences stockées font l'objet de recherches destinées à maitriser de façon optimale (si possible 100% des semences vivantes du lot) leur germination après traitement destiné à la conservation. Il est en effet essentiel d'être capable d'acquérir une telle maîtrise et donc de ne pas limiter les essais de cultures aux graines fraiches. Des essais systématiques sont notamment réalisés pour déterminer les traitements nécessaires aux levers de dormance. Aujourd'hui des tests normalisés qui précisent dans chaque cas la nature des pré traitements et la température optimale de germination, ont été établis pour plus de 120 taxons de la flore corse dont les 2/3 de taxons rares ou prioritaires, le reste concernant des taxons endémiques.

Un programme de multiplication destiné à accroitre la quantité de semences en conservation est systématiquement mené. Dans la plupart des cas les lots sont multipliés populations par populations. Si nécessaire des précautions particulières sont prises pour empècher les hybridations ce qui nécessite l'emploi de serres d'isolement pour les espèces allogames.

Par ailleurs des collections vivantes sont constituées pour chaque espèce prioritaire, notamment pour les plantes produisant des semences orthodoxes. Dans le cas le plus général, notamment, pour les espèces se reproduisant facilement par multiplication végétative, la solution du "bulking " regroupant plusieurs provenances, est réalisée.

Pour faciliter la culture et la multiplication des espèces rares et menacées de Corse un "guide de culture" est en cours de réalisation. Il présentera la compilation des expériences menées par les différents partenaires de ce programme et sera diffusé avec le concours du BGCI aux différents jardins botaniques intéressés dans la culture et la conservation des plantes rares de la Corse. A la fin du mois de septembre 1993, des fiches de cultures ont été établies pour près d'une centaine de taxons prioritaires. Ce premier contingent est en cours de relecture et fera l'objet d'une diffusion courant 1993.

L'Information et la Vulgarisation

La Formation des Acteurs de la Protection dans les Aires Protégées

La prise en compte dans la gestion des localités d'espèces figurant sur la liste prioritaire passe par une sensibilisation préalable du gestionnaire d'aires protégées sur l'intérêt de cette flore et par la mise à disposition pour celui ci:

La réalisation de tels documents a débuté comme ceci a été précisé plus avant dans ce document.

Elle est complétée par l'organisation de sessions de formation destinées aux personnels de ces aires protégées, au cours desquelles ils sont initiés à la gestion des taxons rares de la flore corse et de leurs habitats.

L'Information

Dans le cadre spécifique de ce programrne les "cibles " suivantes ont été privilégiées:

Les administrations locales

La sensibilisation des administrations locales consistera essentiellement en la diffusion de cartes d'alerte accompagnées d'une liste de correspondants susceptibles de fournir des informations plus précises sur les localités concernées par un aménagement.

La Direction Régionale de l'Environnement de Corse est plus particulièrement en charge de ce problème selon des modalités qui ont été précédemment précisées.

La communauté scientifique nationale et internationale

Faire connaître ce programme à la communauté scientifique nationale et internationale constitue une première priorité. Dans cet esprit toutes les actions menées seront systématiquement portées à connaissance d'organismes internationaux comme l'UICN ou OPTIMA.

Par contre, aucune publication scientifique specifique, à l'exclusion bien entendu de celles prévues dans le cadre du "projet flore corse", n'est envisagée dans le cadre du présent programme. Il est laissé à chaque chercheur la possibilité de publier individuellement ce qui dans ses travaux (réalisés dans le cadre du programme) peut être valorisé en tant que publication scientifique.

Il est cependant envisage de publier tous les deux ans à l'attention de la communauté scientifique nationale et internationale un fascicule comportant:

Il est par ailleurs prévu en Octobre 1993 d'organiser un colloque international dont le thème sera centré sur l'inventaire et la conservation de la flore dans les îles méditerranéennes et au cours duquel la communauté scientifique et les gestionnaires d'aires protégées pourront être informés des résultats obtenus dans le cadre de ce programme.

La sensibilisation et information du grand public

Ce volet revêt une extrême importance en Corse dans la mesure où la protection in situ de la flore ne pourra être efficacement réalisée sans mobilisation de l'opinion publique.

Il a été cependant décidé qu'aucune action d'information et de sensibilisation du public ne sera réalisée dans le cadre de ce programme. ll a été jugé plus efficace de la déléguer aux organismes déjà bien implantés en Corse et qui disposent d'infrastructures adaptées, comme le Parc Naturel Régional de la Corse, le Conservatoire de l'Espace Littoral, l'Office National des Forêts, l'Assemblée Territorale de la Corse ou les départements.

Dans cet esprit la contribution du programme consistera essentiellement en une sensibilisation de ces organismes et dans la mise à leur disposition des informations et des documents photographiques réunis dans le cadre du présent programme pour réaliser les documents d'information et de vulgarisation qu'ils souhaitent realiser.

Conclusions

Près de quatre ans après le début de ce programme il est déjà possible de tirer quelques conclusions qui pourraient s'avérer utiles à d'autres structures désirant s'engager dans des actions similaires:

  1. Ce type de programme ne peut se concevoir que sur le long terme. Au delà des problèmes directement liés au fait que l'on travaille sur du matériel vivant, ce type de programme présente une forte inertie de départ qu'il convient de ne pas sous estimer;
  2. Le regoupement de moyens de différentes structures s'avère toujours payant à la condition qu'une bonne coordination soit mise en place. Il est d'ailleurs à noter que dans le cas présent chaque structure ne consacre bien entendu qu'une partie de ses moyens à ce programme;
  3. Chacun doit trouver dans ce programme un intérêt à la fois matériel et en matière de retour d'image. Les personnes chargées de la coordination doivent en avoir constamment le souci;
  4. Des moyens spécifiques sont toujours nécessaires. Dans le cas présent le programme a bénéficié principalement du soutien financier de la C.E.E., de l'assemblée territoriale de Corse et de l'Etat dans le cadre des contrats de plan environnement.

Bibliographie

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